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Retour sur une enchère "record du monde" pour un dessin du Primatice

  • Photo du rédacteur: Thomas GISBERT de CALLAC
    Thomas GISBERT de CALLAC
  • 26 mars
  • 2 min de lecture
L’année passée a été marquée par un moment particulièrement fort pour notre cabinet : la vente chez Christie’s d’un dessin de Francesco Primaticcio (1504-1570) dit "Le Primatice", adjugé 831 000 euros (frais inclus), établissant ainsi un nouveau record mondial pour une œuvre sur papier de cet artiste majeur de la Renaissance.

Une feuille d’une rare intensité


L’œuvre en question est une étude d’anatomie, un type de dessin qui incarne parfaitement la recherche artistique et scientifique propre au XVIe siècle. Chez Primatice, cette exploration du corps humain dépasse la simple étude académique : elle révèle une compréhension profonde du mouvement, de la tension musculaire et de l’idéalisation des formes. La feuille se distingue par la sûreté du trait, la subtilité des modelés et une grande maîtrise du volume. Elle témoigne de l’influence italienne de l’artiste, notamment de son passage à Bologne et de son immersion dans les cercles maniéristes. Mais elle porte aussi en germe ce style si particulier qu’il développera ensuite en France, à la cour de Fontainebleau.


Une provenance inattendue : un dossier vendéen


Ce dessin provenait d’un ensemble plus large, un dossier conservé en Vendée dont notre cabinet a eu la responsabilité. Comme souvent dans ce type de découverte, c’est la cohérence de l’ensemble et la qualité intrinsèque des feuilles qui ont immédiatement attiré notre attention.

Le travail d’expertise a permis de replacer cette étude dans le corpus du Primatice, en s’appuyant à la fois sur des critères stylistiques précis et sur des comparaisons avec des œuvres conservées dans de grandes institutions. Cette étape, essentielle, a confirmé l’importance de la feuille et son potentiel sur le marché international.


Une adjudication spectaculaire


Présentée chez Christie’s, la feuille a suscité un vif intérêt auprès des collectionneurs et des institutions. L’intensité des enchères a rapidement dépassé les estimations initiales, pour atteindre finalement 831 000 euros. Ce résultat ne constitue pas seulement une performance commerciale : il reflète aussi une reconnaissance accrue pour l’œuvre graphique du Primatice, encore trop souvent éclipsée par ses réalisations monumentales et décoratives. « C’est un record mondial pour une œuvre de Primatice, cet artiste qui a été une des grandes figures de l’art à la Renaissance et de l’école de Fontainebleau », indique Hélène Rihal, directrice du département dessins anciens chez Christie’s.

 

Une redécouverte qui fait date


Cette vente illustre parfaitement le rôle que peuvent jouer les redécouvertes dans le marché de l’art ancien. Elle rappelle également l’importance du travail de terrain, de l’étude des provenances et de l’expertise approfondie. "Ce dessin exceptionnel était dans la même famille depuis le XIXe siècle" explique Thomas GISBERT de CALLAC, expert et fondateur du cabinet.

Cette découverte met en lumière la vitalité du marché du dessin ancien, où les œuvres rares, bien attribuées et solidement documentées continuent de susciter un enthousiasme considérable.


"Pour notre cabinet, cette adjudication restera comme un moment clé : celui où une feuille issue d’un dossier régional a su conquérir la scène internationale et inscrire son nom dans l’histoire du marché de l’art." Thomas GISBERT de CALLAC


Francesco PRIMATICCIO ( 1504-1570) - Etude d'anatomie - Sanguine, craie, gouache
Francesco PRIMATICCIO ( 1504-1570) - Etude d'anatomie - Sanguine, craie, gouache


 
 
 

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